Pourquoi la science ne prouve pas ?
Redigé le 25 juillet 2008 par Guillaume
Pourquoi certains scientifiques tel que Hubert Reeves (Astrophysicien) nous dit que la science ne prouve pas et qu’elle ne fait que constater ?
C’est à n’y rien comprendre…
En effet, quand je vois quelqu’un de mort, c’est bien une preuve ? De plus, si la science ne prouve pas, comment peut-on avoir confiance en elle ?
J’ai rédigé cet article afin de vous faciliter (je l’espère) le raisonnement qui mène à comprendre que la science ne prouve pas. En effet, beaucoup de gens font l’amalgame et finissent par oublier qu’une preuve scientifique est une information qui peut être potentiellement remise en cause.
Aussi, les publicitaires se servent de plus en plus de l’expression “prouvé scientifiquement” afin de convaincre les clients à acheter leurs produits, ce qui n’arrange pas les choses.
Une preuve peut-elle être certaine ?
Voici mon analyse étape par étape.
J’ai commencé par observer les moyens qui nous permettent d’obtenir une présumée preuve absolue :
1 - Les outils.
1.1 - Les outils que j’appelle “primaires” sont nos 5 sens (Les yeux, le toucher, l’écoute etc.) et notre cerveau.
1.2 - Les outils que j’appelle “secondaires” sont tous nos matériels techniques (Microscope, ampèremètre, télescope etc.)
2 - Les théories.
Une théorie est une idée ou une connaissance spéculative, souvent basée sur l’observation ou l’expérience, donnant une représentation idéale. Parfois le terme théorie est employé pour désigner quelque chose de temporaire ou pas tout à fait vrai. En science, une théorie indique une probabilité calculée en fonction des connaissances actuelles. Je ne développerais pas d’argument sur ce sujet car nous pouvons facilement déduire qu’une théorie n’est pas une preuve.
3- Les lois fondamentales.
Toutes nos avancées scientifiques se basent sur ces lois. Par exemple, les mathématiques nous disent que 1 et 1 font 2 et ceci n’a jamais été remis en question par d’autres constatations depuis très longtemps. En partant de ce constat, les scientifiques se basent sur ces lois fondamentales pour en déduire ou en découvrir d’autres. Si une loi fondamentale devaient être remise en question, toutes nos connaissances scientifique en rapport avec celle ci s’effondrerait. Une thèses est plutôt un état des lieux ou un constat à un instant présent ou passé.
4 - Les axiomes
“En épistémologie, un axiome est une vérité évidente en soi sur laquelle une autre connaissance peut se reposer, autrement dit peut être construite dessus. Précisons que tous les épistémologistes n’admettent pas que les axiomes, dans ce sens du terme, existent. Dans certains courants philosophiques, comme l’objectivisme, le mot « axiome » a une connotation particulière. Un énoncé est axiomatique s’il est impossible de le nier sans se contredire. Exemple : « Il existe une vérité absolue » ou « Le langage existe » sont des axiomes.”
“En mathématiques, le mot axiome désignait une proposition qui est évidente en soi dans la tradition mathématique grecque, comme dans les Éléments d’Euclide. L’axiome est utilisé désormais, en logique mathématique, pour désigner une vérité première, à l’intérieur d’une théorie. L’ensemble des axiomes d’une théorie est appelé axiomatique. Cette axiomatique doit être non-contradictoire ; c’est sa seule contrainte. Cette axiomatique définit la théorie ; ce qui signifie que l’axiome ne peut être remis en cause à l’intérieur de cette théorie, on dit alors que cette théorie est consistante. Un axiome représente donc plutôt un point de départ dans un système de logique et il peut être choisi arbitrairement.” Source : Wikipedia Les axiomes
La question est de savoir si tous ces éléments sont fiables à 100% pour que l’on puisse qualifier de preuve absolue un résultat ou un fait :
Je pars du constat que si une preuve ne peut être remis en cause alors la confiance en elle, est absolue, c’est à dire de 100%. Nous pouvons donc imaginer un niveau exprimé en pourcentage :
0 % = Absence de preuve
Entre les arrondis 0.1 % et 99.9 % = Manque de donnée suffisante pour qualifié de preuve.
100 % = Preuve absolue ou certaine (Même au delà de notre intelligence, de ce que nous savons et de notre imagination, elle ne peut être remise en question.)
NB : Les paramètres étant trop complexes et nombreux, je ne peux pas calculer avec précision un niveau de confiance qui se situe entre les arrondis 0.1% et 99.9% mais le but est de démontrer si nous pouvons obtenir une confiance absolue en un résultat ou s’il fait moins de 100%.
Quel niveau de confiance pouvons nous obtenir en nos outils primaires :
Nos outils primaires sont des capteurs convertissant des signaux de différente nature (lumineux, acoustique…) en un signal de source électrique afin de l’envoyer pour analyse et stockage dans notre cerveau. Toutes informations réceptionnées par le biais de nos outils primaires (les yeux, nos oreilles etc.) sont traitées et sont influencées par plusieurs mécanismes avant d’être copiées dans notre mémoire. Plusieurs études scientifiques portent sur cette fameuse copie. En effet, les scientifiques ont démontré que l’information source, c’est à dire l’information originale captée par nos outils n’est pas tout à fait la même que celle enregistrée dans notre mémoire et qu’avec le temps, l’information enregistrée évolue et se modifie.
Exemple concernant les modifications de la mémoire sur le long terme: il y a longtemps, vous avez vécu une scène avec des amis. Plusieurs années après; vous êtes persuadé que cette scène s’est déroulée d’une certaine façon mais vos amis ne sont pas d’accord avec vous et pour cause, avec le temps, votre mémoire a arrangé la scène à votre convenance et sans que vous en ayez conscience.
Mécanisme simplifié d’enregistrement d’une information dans le cerveau : avant d’enregistrer une information dans votre cerveau, elle est d’abord captée en partie puis interprétée et comparée en fonction de vos connaissances, de vos croyances et de vos émotions. Cette information à donc subit des influences avant d’être enregistrée. Elle ne reflète pas tout à fait la réalité une fois enregistrée.
Exemple d’erreur de perception et d’interprétation : Un passager d’avion voit un petit objet dans le ciel. N’ayant aucun point de repère dans le ciel, il peut interpréter le fait que l’objet soit petit de par son éloignement puis en déduire qu’il doit être beaucoup plus grand puisque l’objet est sensé être éloigné. Naturellement le passager stockera l’information dans son cerveau comme fait établi : l’objet est loin et grand. Mais cela ne prouve pas que la petitesse de l’objet soit du à un éloignement. Il est possible que cet objet puisse se trouver proche de lui et soit réellement petit.
Exemple concernant les sons et l’oreille : Certains sons ne sont pas audibles, tel que l’ultrason ou encore l’infrason dont les fréquences sont trop élevées ou trop basses pour être perçues par l’oreille humaine. Les oreilles vont capter l’onde et produire l’influx nerveux (énergie électrique). Celui-ci parvient au cerveau, grâce au nerf auditif et est analysé dans l’aire auditive. C’est la phase purement psychoacoustique de décryptage de l’information produite par l’énergie. Le cerveau à la capacité de séparer les sons et de les comparer à nos connaissances afin de les identifier et de les interpréter. A partir de cette étape, l’information source sera déformée par l’interprétation de notre cerveau. Par exemple : deux personnes qui écoutent un orchestre peuvent ne pas entendre les même instruments ou penser qu’un instrument est dans l’orchestre alors qu’il n’y est pas. Cette phase d’analyse et de décryptage à ses limites.
Exemple des limites mécaniques de l’œil : certaines couleurs c’est à dire certaines fréquences perçues par l’œil humain ne sont pas les mêmes qu’un chien. De plus nous ne pouvons pas percevoir les bactéries, l’ultra violet ou encore l’infrarouge et pourtant elles existent.
NB : Je ne vais pas énumérer tous les exemples car il y en a beaucoup mais nous pouvons en déduire que l’enregistrement des informations perçues par nos 5 sens et l’interprétation de ces données par notre cerveau ne reflètent pas tout à fait le monde tel qu’il existe réellement.
Conclusion : Le niveau de confiance concernant les outils primaires est inférieur à 100%. Nous ne pouvons obtenir une confiance absolue en nos 5 sens. De plus, nous ne pouvons obtenir une certitude absolue dans l’interprétation de l’information analysée et stockée par notre cerveau .
Quel niveau de confiance pouvons nous obtenir en nos outils secondaires :
L’être humain n’est pas capable de créer des outils ayant pour but d’identifier ce qu’il ne connait pas encore.
Les outils secondaires sont des assistants créés dans le seul but d’identifier des informations précises que nous spéculons ou que nous connaissons. Ces outils nous permettent d’appuyer les théories par la constatation et d’approfondir nos connaissances. Ils peuvent être aussi créés pour intervenir en support (rapidité de calcul, analyse d’information, ampèremètre etc.).
Par exemple : Un radar au sol a identifié quelque chose dans le ciel. Un écho retentit sur l’écran mais nous ne pouvons pas prouver la nature du phénomène. Cela peut être une inversion de température, un aéronef, un défaut du système… Ce qui va permettre d’identifier le phénomène, c’est l’interprétation du résultat par le radariste.
Il va falloir regrouper un maximum de données afin d’affiner au mieux notre interprétation. Pour ce faire, nous pouvons observer le comportement de l’objet sur l’écran radar, la trajectoire, la vitesse estimée, il faudra peut-être corréler l’écho radar avec un témoignage visuel d’un pilote en vol afin d’apporter un peu plus de crédit puis le corréler également par un témoin au sol et aussi par le radar embarqué dans l’avion en chasse…
Toutes ces données vont permettre d’affiner l’interprétation des professionnels et enfin apporter un résultat . Dans le langage courant, celui ci sera qualifié ou non de preuve. (Ex : Un avion furtif F117, une rentré atmosphérique, un avion de chasse…)
Conclusion : Par définition, les outils secondaires permettent de constater et d’exécuter des tâches que nos outils primaire ne peuvent faire. Un outil secondaire ne peut apporter une preuve absolue puisqu’il ne tient pas compte de l’environnement global. Il n’interprète pas les informations, il les traite seulement. Le niveau de confiance se situe donc en dessous de 100%.
Un axiome ou le résultat d’une suite logique ou déductive d’axiome sont-ils des preuves :
Pour commencer, tout résultat que nous pouvons déduire des axiomes n’est pas forcement un axiome.
Un axiome est sensé être une évidence ou une vérité impossible à nier sans se contredire. Par exemple “une vérité est absolue” ou encore “Le langage existe”. Je me permets de faire la réflexion suivante : Si l’évidence est sensée être quelque chose de certain, c’est une preuve et une preuve est sensée être une vérité absolue.
Je constate que notre cerveau suit un raisonnement déductif en fonction de sa capacité et de ses connaissances. Je constate également que l’axiome a besoin d’être pensé ou constaté par notre cerveau pour exister.
Si nous imaginons un monde totalement vide ayant un axiome existant réellement sans l’aide de l’esprit humain et ses outils pour le constater, nous ne pourrions en être certain car nous ne faisons que spéculer.
L’axiome est donc constaté ou pensé par nos outils primaires (yeux, cerveau…) et influencé par le sens logique et déductif de notre cerveau. Si le sens logique de l’axiome s’accorde parfaitement au résultat attendu par notre cerveau, nous l’interprétons alors comme une évidence.
Par exemple :
l’axiome est 1=1
donc 1+1 = 1+1
donc 1+1=2
etc.
Mais comment peut-on prouver que la logique qui m’amène à un raisonnement est bien logique puisque c’est avec le même cerveau et les mêmes outils que je vais essayer de déduire que notre logique est bien logique !
Afin de susciter la curiosité de ceux qui m’ont largué depuis le deuxième paragraphe, un autre exemple me vient en tête. Le voici :
Nous pouvons prendre en compte les réflexions issues du film “Matrix” qui sont une synthèse rassemblant des visions philosophiques dues entre autres à Berkeley, Descartes ou encore marxiste.
Dans ce film, les personnages évoluent dans deux univers :
- La Matrice : univers virtuel réaliste dans lequel les humains sont enfermés, cet univers modélise le monde actuel.
- Le monde réel : il s’agit de la Terre en ruine et sous une couche de nuages cachant définitivement le Soleil. Les machines ont pris le contrôle, et utilisent les êtres humains comme source d’énergie. Pour les garder vivants et productifs, ils les branchent à “la matrice” pour leur donner une impression de liberté tout en dormant. Dans leurs esprits, les humains pensent qu’ils vivent dans un monde réaliste “la matrice”.
Ces visions philosophiques sont cohérentes puisque l’homme interprète toutes les données environnantes par l’intermédiaire des signaux électriques. Le cerveau est relié aux yeux, au toucher, au goût… grâce au réseau de nerfs dans lequel circule l’information sous forme électrique. De ce constat, nous pouvons imaginer, faire croire à un homme, qu’il touche réellement un objet en lui envoyant de fausses informations sous forme électrique dans son réseau de nerfs.
D’où la question à un million d’euros : êtes-vous certain que le monde autour de vous est réel ? et si oui, démontrez le moi ?
Conclusion : Concernant les axiomes, le fait de prendre en compte ces dernières réflexions (et il peut y en avoir d’autres) fait baisser le pourcentage de confiance en dessous de 100%. Même si cette baisse est très très faible, le doute existe. Donc, nous ne pouvons obtenir une confiance absolue.
Conclusion générale :
Nous venons de constater qu’apporter une preuve dépend des outils ayant une fiabilité à moins de 100%. (Le niveau de confiance varie en fonction des outils. Ils peuvent obtenir un niveau de confiance supérieur à 99,9% mais jamais 100% car nous ne pouvons connaître ce que nous ne connaissons pas. Aussi, nous ne pouvons être certain d’une théorie avant de constater. Également, nous ne pouvons être certain à 100% d’une constatation).
Par déduction, une preuve est donc un ensemble de résultat inférieur à 100%. Plus le nombre de résultat est fiable (c’est à dire, ayant un pourcentage de confiance élevé) et plus l’interprétation de ce résultat sera qualifié de preuve. Toutes preuves ne pouvant obtenir un résultat à 100% de confiance, il est donc logique de dire que le mot preuve n’est pas adapté à notre science.
Tel des poissons n’ayant pas conscience de ce qui existe hors de l’eau, il nous faut donc se rendre à l’évidence : Notre science est limitée et il nous faut faire avec; car c’est le seul moyen que nous avons pour avancer.
Il faut tout de même rappeler que la bombe atomique à d’abord était théorisée avant d’être confirmée par sa réalisation sur le terrain lors des essais. Ce qui démontre bien que notre science est capable d’établir des théories proches de la vérité sans être constatées par nos outils les plus fiables.
Pierre-Simon Laplace, “Essai philosophique sur les probabilités en 1814″ :
« Nous devons envisager l’état présent de l’univers comme l’effet de son état antérieur, et comme la cause de celui qui va suivre. Une intelligence qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et la situation respective des êtres qui la composent, si d’ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ces données à l’analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l’univers et ceux du plus léger atome : rien ne serait incertain pour elle, et l’avenir, comme le passé, serait présent à ses yeux. L’esprit humain offre, dans la perfection qu’il a su donner à l’astronomie, une faible esquisse de cette intelligence. Ses découvertes en mécanique et en géométrie, jointes à celles de la pesanteur universelle, l’ont mis à portée de comprendre dans les mêmes expressions analytiques les états passés et futurs du système du monde. En appliquant la même méthode à quelques autres objets de ses connaissances, il est parvenu à ramener à des lois générales les phénomènes observés, et à prévoir ceux que les circonstances données doivent faire éclore. »
Mais encore, je me pose une question : Si la connaissance est infinie alors cette affirmation est-elle acceptable ?
Toutes ces réflexions démontrent que notre science ne prouve pas dans l’absolue et ne fait que constater.
En d’autre mot, ce qu’on appelle “preuve”, c’ est une probabilité proche de la vérité ou une vérité absolue non confirmée. Notre science étant primitive, nous ne pouvons affirmer qu’une probable vérité en est une réellement.
Puisque la science ne prouve pas (pour le moment ou peut-être jamais), je ne peux vous assurer d’une vérité certaine en cette conclusion car j’utilise une méthode de raisonnement adaptée de notre science mais il nous faudra la prendre en compte ou la considérer proche de la vérité si nous voulons avancer dans nos découvertes.
A vous de constater…

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